L’e-paiement et le citoyen algérien : mariage ou divorce

//L’e-paiement et le citoyen algérien : mariage ou divorce

L’e-paiement et le citoyen algérien : mariage ou divorce

La technologie peut être la solution de tout type de problème économique, mais il faut savoir l’introduire à l’utilisateur en prenant en considération ses connaissances, sa culture, ses technophobes, d’où l’importance de la vulgarisation de la relation techno-humaine.

A cet effet, je voulais vous faire partie d’une très bonne initiative de vulgarisation de paiement électronique en Algérie, c’était la GDA, génération digitale d’Algérie lancée 2018 pour une première édition, avec son fondateur Mourad Mechta.

Tout d’abord, c’est qui Mourad Mechta ?

Mourad Mechta est un entrepreneur Algérien qui a eu l’idée de consacrer une grande partie de sa carrière au développement de technologies et de la mentalité de l’e-commerce en Algérie ainsi qu’à l’intégration des infrastructures nécessaires pour ces habitudes tel que l’e-paiement, les Datacenters et toutes les infrastructures logicielles. Il a aussi dédié une partie de sa carrière à la sensibilisation et à la vulgarisation des technologies digitales qui permettront à l’Algérie de se faire une place dans la scène digitale internationale et de parfaire sa transformation numérique, et c’est ainsi qu’il est devenu parmi les leaders de la high-tech en Algérie.

La GDA, une première initiative de son type, décrivez la GDA en quelques mots ?

GDA qui veut dire Génération Digitale Algérie, est tout d’abord un évènement ou une suite d’évènements sous forme de conférences, plénières, expositions, débats et caravanes dont le thème commun est la vulgarisation des technologies de pointes qui pourront faciliter notre quotidien tel que l’e-paiement ou l’e-commerce ainsi que leurs introduction dans divers domaines tel que la médecine, le sport, la finance, le marketing etc.

Comment avez-vous eu l’idée de la GDA ?

En réalité, le succès et le triomphe ne sont jamais solitaires, et nous avons eu cette idée à deux lors d’un débat sur l’évolution de la mentalité Algérienne et son ouverture sur les nouvelles technologies, et le déploiement d’infrastructures ainsi que leur accessibilité au grand public, mais malgré ça le manque d’information sur le sujet laissait bon nombre de consommateurs pas au courant et dans le flou en ce qui concerne la sécurité de ces systèmes et des transactions électroniques en général. C’est pour ça qu’avec un de mes collaborateurs Merouane Bennaceur, nous avons au cours de ce débat pensé à la tenue d’une campagne informative sur les réseaux sociaux en premier et sur le terrain en second à travers une caravane, en allant directement chez les gens sur leur lieu de résidence ou de travail afin de les sensibiliser et les informer sur les nouvelles technologies déjà déployées en Algérie en général et sur le paiement électronique en particulier tout en les rassurant sur la sécurité de ces systèmes que nous avons pu tester et auditer.

Une durée d’un mois sur plusieurs endroits sur le territoire national, vous a permis de recueillir les avis des algériens au propos du paiement électronique, qu’en dites-vous ?
Nous avons été agréablement surpris quant à la disposition de la majorité des foyers de cartes de paiement électroniques, mais malheureusement les agents les délivrant ne leur avaient pas présenté toutes les utilisations qu’ils pouvaient faire de ces cartes, et leur avaient seulement expliqué comment retirer leurs salaires du DAB/GAB sans plus. C’est ainsi que la plupart des Algériens interrogés avaient déjà des cartes permettant de faire du e-paiement sans en avoir connaissance, et se demandaient comment ça serait possible d’acheter des produits et des services à partir d’Internet ou comment payer sur des TPE alors que les agents ayant délivrés leurs cartes ne les avaient pas informés de ces possibilités. Donc à partir de ça, on a déduit qu’il y avait un énorme manque d’information du côté des particuliers et des professionnels couplé à un manque de formations des agents responsables et des conseillers clients.

Comment vous jugez l’implication des institutions et des organismes dans cette expérience ?
Au cours de l’organisation de GDA 2018, nous avons contactés beaucoup d’institutions et d’organismes militants dans le domaine du digital, nous avons été agréablement surpris par la réactivité et le soutien de quelques-uns parmi les acteurs majeurs tel que AGB, BDL, Macirvie, GIE Monétique, SATIM, Trust Bank, EMS, Nespresso, El Assli High-Tech et l’Hotel EDEN qui nous ont activement soutenu dans toutes nos tâches ainsi que financièrement. Cependant nous avons été désagréablement surpris par le non-intérêt d’autres sociétés qui paraissent militer activement pour les changements technologiques en Algérie et dont nous n’allons pas citer les noms, mais à partir de ça nous avons pu déduire que quelques entreprises Algériennes jouent un double jeu quant à leur intérêt pour le digital et la transformation numérique, ce qui induit une certaine hypocrisie qu’on ne soupçonnerait pas dans le monde de la high-tech.

 

Vous êtes en train de préparer pour la deuxième version de la GDA, quels seront les grands titres de la nouvelle édition, quel sera votre plus ?
On est en pleine préparation de la deuxième version de « Génération Digitale Algérie » qui durera plus de temps que la première et qui traitera plus de thèmes transversaux et horizontaux que la première ainsi cette fois-ci les grandes lignes seront dans l’axe de la nouvelle ère technologique mondiale, et on parlera d’Intelligence Artificielle ainsi que tous les sous-domaines en découlant et leurs applications, de Blockchain ainsi que d’autres thèmes surprises.

Un dernier mot : si vous choisissez un titre pour décrire votre parcours dans l’entreprenariat, plus précisément dans l’e-commerce, quel sera le mot ?

Le mot pour décrire mon parcours serait : « persévérance » car j’ai commencé il y a plus de 10 ans dans l’e-commerce alors que personne en Algérie n’y croyait et j’ai milité activement dans le domaine pour la mise en place des infrastructures nécessaires tel que l’e-paiement, les Datacenters, la sécurité informatique. J’ai aussi été le porte-parole des acteurs de la high-tech, et j’ai dialogué avec les membres de l’assemblé national pour la mise en place du cadre réglementaire du e-commerce et la protection du consommateur ainsi que des fournisseurs de services à la fois, sauf que tout ça a pris des années durant lesquels j’ai dû développer d’autres activités dans le digital pour pouvoir faire face aux défis technologiques et financiers.

Noussaiba MESSAI

By | 2019-06-22T09:08:17+00:00 juin 22nd, 2019|Categories: MBADMB|0 Comments

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