Et si le Digital nous rendait « antifragile »?

//Et si le Digital nous rendait « antifragile »?

Et si le Digital nous rendait « antifragile »?

A l’ère du tout technologique, nos usages, tout comme l’entreprise, baignent d’une façon directe ou indirecte dans le digital. Il est vrai que nous vivons une véritable disruption, et même une révolution que certains auteurs comparent à la révolution industrielle, celle qui a bouleversé le monde au 19ème siècle. En effet, le digital réinvente le mode d’organisation de l’entreprise, la façon de commercialiser le produit, l’expérience  de utilisateur, impose de réformer l’organisation et la culture du personnel; enfin bouleverse le modèle économique dans lequel elle s’inscrit.

Le digital au-delà de sa disruption, rend t-il« antifragile » les entreprises  innovantes, plus résistantes face à la concurrence?

C’est la question que je me suis posée en lisant le livre du mathématicien, financier et essayiste Nassim Nicholas Taleb «Antifragile, les bienfaits du désordre, les belles lettres 2013 ». Cet auteur à succès du bestseller « Cygne noir », a décidé de forger le terme «Antifragile» et d’y consacrer un livre.

Très honnêtement, je n’ai pas la prétention de faire une analyse philosophique sur la question posée à partir de ce pavé de 600 pages, consacré à la vision qu’a son auteur des systèmes politiques et économiques de notre monde moderne.

L’objectif de cet article est de mettre en relief  »l’Antifragilité » des entreprises qui ont franchi le pas vers le digital, leur résistance face à la disruption.  Mais avant d’apporter des arguments à cette idée, que signifie le terme « Antifragile », créé par l’auteur?

Ce mot absent du dictionnaire Larousse, fait allusion aux notions de solide, résistant, robuste, … l’auteur dans son livre explique, en effet, qu’il ne faut pas confondre Antifragile et l’opposé de fragile. Certes si Nassim Nicolas Taleb a choisi de créer un mot c’est justement parce qu’aucun mot ne pouvait définir sa vision qui est la suivante :

‘’L’Antifragilité dépasse la résistance et la solidité. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste pareil; ce qui est Antifragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui s’est modifié avec le temps : l’évolution, la culture, les idées, les révolutions, les systèmes politiques, l’innovation technologique, les réussites culturelles et économiques…’’

Partant de cette définition, on constate que le digital nous enseigne à devenir antifragile. Le digital n’arrête pas d’évoluer et par conséquence l’entreprise se voit dans l’obligation de se transformer. Que ce soit les réseaux sociaux, les objets connectés, la réalité augmentée,  les dispositifs mobiles, les outils d’analyse, les capteurs intelligents, le Cloud computing,…et bien d’autres outils du marketing digital,  tous remodèlent l’expérience client, les opérations et par conséquence les modèles d’affaires.  Cela se fait à un rythme et avec un impact stupéfiants, ce que la loi Moor a démontré au fil des années. Cela est valable aussi bien pour les systèmes intelligents que pour ses utilisateurs : l’accélération exponentielle est valable, non seulement dans le domaine des composants électroniques, mais également dans tous les secteurs où un homme programme un ordinateur qui génère du code pour un robot, qui lui-même va fabriquer un objet ou un programme. Cela ne constitue qu’un prélude à ce qui nous attend avec l’arrivée demain de l’intelligence artificielle.

Face à ces nouveaux progrès technologiques, l’entreprise actuelle se doit de s’adapter et adopter la transformation digitale, essentielle à la survie et à la pérennité de son organisation, face à un environnement très compétitif. Cela ne se fera pas sans un changement stratégique, qui concernera l’ensemble des organisations de l’entreprise en termes de missions, d’objectifs ou de métiers. Cela aura un impact direct sur la performance de l’entreprise et la rupture avec l’existant, le modèle économique traditionnel qui impose une adaptation voire une rupture.

Mais cela ne semble pas une mince affaire. Dans cet environnement digital incertain en perpétuelle évolution, marqué par le progrès technologique et les rivalités concurrentielles, l’entreprise doit  répondre ultra rapidement aux changements et apprendre à saisir les opportunités. Elle se voit changer son périmètre et son champ d’action, il ne suffit plus à présent  ’avoir la bonne recette du produit parfait et la réussir avant de la proposer aux clients au risque de se faire devancer par ses concurrents. L’expression ‘’test and learn’’, trouve toute sa place : l’entreprise doit expérimenter autant que possible pendant la phase de développement du produit et accepter l’échec de certaines expériences. L’échec peut être alors une source d’innovation : selon Nassim Taleb, « L’antifragile aime le hasard et l’incertitude, ce qui signifie aussi, foncièrement, qu’il aime les erreurs, une certaine catégorie d’erreurs. L’Antifragilité a la rare vertu de nous permettre d’affronter l’inconnu, de faire des choses sans les comprendre, et de bien les faire ».

Les entreprises qui tirent aujourd’hui profit des enseignements de leurs erreurs, s’en trouveront plus compétitives dans le monde numérique. Elles sont en position d’apprendre des tendances de leur secteur, les pratiques du marché et les techniques de base. Pour améliorer leur système, leurs solutions et leurs modèles d’affaires et éviter de reproduire les erreurs, l’entreprise digitalisée va devoir choisir les bonnes plateformes, les bonnes solutions, les bons prestataires, recruter les bonnes équipes et suivre les bons conseils.

Pour  finir, retenons d’abord, que le digital bouleverse de façon fondamentale le modèle économique des entreprises établies,  la façon de commercialiser ses produits, impose de repenser l’organisation et la culture du personnel de l’entreprise, Enfin, les entreprises qui ont embrassé les innovations de notre siècle sont ‘’Antifragiles’’!

GUETNI Sabah

 

By | 2018-09-13T12:56:33+00:00 septembre 13th, 2018|Categories: MBADMB|0 Comments

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