Va t-on vers une “Uberisation” de l’espace

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Va t-on vers une “Uberisation” de l’espace

Le marché spatial est en ébullition. Après l’annonce de la société SpaceX de l’obtention de l’autorisation de la part de la commission fédérale des communications (FCC), agence américaine chargée de la régulation des télécommunications, d’envoyer dans l’espace 7.518 nouveaux satellites venant s’ajouter aux 4.425 autres satellites pour un total titanesque de 12000 satellites autour du globe, les industriels de l’espace tremblent déjà!

A l’instar des acteurs historiques, l’ambition de Eleon Musk, patron de SpaceX est de révolutionner le modèle économique du marché de l’espace.

Face à cette nouvelle course vers le ciel, les constructeurs traditionnels réagissent en développant des capacités lourdes, autrement dit des fusées puissantes: Ariane 6 pour les européens, Vulcan pour ULA, l’alliance de Boeing et de Lokheed Martin pour les américains, Soyouz pour la Russie avec son programme Angara… La Chine n’est pas en reste avec une fusée de nouvelle génération, sans oublier le Japon et l’Inde. Ajoutons à cela, les nouveaux entrants, entreprises privées, qui offrent de nouveaux services sur orbite, comme les sociétés Kepler, Telesat et LeoSat (qui viennent également d’obtenir le feu vert de la FFC). Bientôt l’industrie de l’espace sera un business comme les autres.

Le modèle industriel et économique est en rupture face à cette rude concurrence qui propose des tarifs low-cost: Elon Musk casse le prix des lancements de satellites commerciaux et contraint la filière européenne à réagir et à s’aligner en proposant un nouveau lanceur. Après son annonce d’un montant de 60 millions de dollars pour le lancement de satellites, contre plus de 200 millions pour Ariane 5 actuellement, Ariane 6, est obligée d’être plus compétitif que l’actuelle Ariane 5, à l’horizon 2020.  Ce nouveau modèle économique va-t-il vers une ubérisation de l’espace ?

Selon la définition  de l’« ubérisation »de Guillaume Sarlat, popularisée par Maurice Lévy: « Tous les business models des grands groupes seraient sur le point d’être disruptés, ubérisés, désintermédiés, commoditisés, en un mot pulvérisés par une multitude de start-up beaucoup plus agiles et innovantes ».

Cette ubérisation  est aujourd’hui en marche dans le monde entier dans tous les secteurs. Mais elle suscite  pêle-mêle et de façon égale toutes sortes de peurs, de fantasmes, et d’espoirs. Au-delà de l’ubérisation, c’est à propos de tout ce que les technologies nous promettent qu’il faut s’interroger. Quel est leur pouvoir de transformation du monde?

L’entreprise spatiale SpaceX  sera un élément essentiel de cette transformation. Il convient de rappeler qu’en 10 ans, SpaceX a révolutionné l’industrie spatiale en s’imposant comme un sérieux concurrent d’Arianespace, détenant presque 50% du marché mondial du lancement de satellites.

Mais pas seulement : avec son projet appelé Starlink, la société ambitionne de « fournir un service Internet global omniprésent », et ainsi d’occuper la première position sur le marché des fournisseurs de réseau internet en bousculant le modèle économique des acteurs traditionnels qui proposent des connexions internet par satellites lentes et onéreuses. À ce titre, on considère qu’il reste encore un milliard d’êtres humains qui ne sont pas connectés à Internet.

Autre révolution pour SpaceX, réussir le pari fou de récupérer le premier étage de la fusée Falcon 9 depuis un bateau- drone après avoir mis en orbite un satellite commercial. SpaceX ouvre la voie à de futurs lanceurs spatiaux réutilisables et à des vols “10 fois moins chers” que ses concurrents. Cela va bouleverser l’industrie du lancement, les coûts vont être abaissés de façon considérable ce qui rendra l’exploration spatiale plus abordable et au-delà il sera économiquement possible d’envoyer des touristes !.

C’est en développant des méthodes de conception et d’organisation industrielles innovantes, inspirées de la Silicon Valley, que SpaceX s’est imposée. Avec une production verticale, l’offre de développer une technologie de diffusion bien moins coûteuse au niveau de l’entretien et de la mise en place, repose sur une constellation de petits satellites d’un nombre important mis sur une orbite géostationnaire à une faible distance (36 000 km) de la terre.  À l’opposé des pays et opérateurs privés qui, eux, envoient de gros satellites en orbite géosynchrone de communication, généralement de plus de 3 tonnes, et qui coûtent plusieurs centaines de millions d’euros pièce.

Toute cette révolution va-t-elle amener SpaceX dans une nouvelle catégorie supérieure d’entreprises au rang des GAFAM?

A l’heure actuelle, selon Statista, sur 291 licornes, ces startups non cotées en bourse et valorisées à plus d’un milliard de dollars, l’américain Uber, valorisé à hauteur de72 milliards de dollars, est placé bien avant SpaceX qui est valorisée à hauteur de 21,5 milliard de dollars.

Avec ses ambitieux projets de conquérir l’espace, SpaceX va-t-il s’afficher au haut du classement aux côtés de ses confrères américains Uber, Airbnb ou chinois Didi Chuxing?.

Changement vers une autre décennie, une rupture technologique, alors réutilisable ou non, ubérisation, low-cost ou simple évolution ou bien révolution, beaucoup d’industries ont été profondément transformées par le numérique ces dernières années et ce n’est pas fini, si un milliards de personnes seront connectées.

Rappelez-vous comment les NATU, start-up au succès international ont changé le monde. C’est la définition du concept même de disruption par son inventeur, Jean Marie DRU le Président de TBWA (auteur du récent “NEW – 15 approches disruptives de l’innovation).

À la lecture de cette définition, on pense aux exemples de Airbnb qui disrupte l’hôtellerie sans posséder un seul hôtel, Uber  qui n’emploie aucun chauffeur de taxi, Facebook ou YouTube qui ne créent aucun contenu et Alibaba qui n’a aucun stock (contrairement à Amazon) ; celui de SpaceX qui définit bien cet adjectif de disruption, ou des fusées seront lancées sans astronomes.

Pour finir, il y a tant d’exemples de start-up réussies, mais il n’y a pas un modèle ou une façon de faire et il ne faut pas oublier qu’une grande majorité des start-up seront un échec. Mais pour celles qui sauront innover, affronter les obstacles, gérer la croissance, le monde est devenu un grand marché ou chacun peut innover bousculer les modèles traditionnels.  Toute entreprise, quels que soient sa taille et son secteur d’activité, peut s’en inspirer. A vous de trouver les ressources et l’imagination nécessaires pour disrupter votre industrie et assurer la pérennité de votre entreprise !

GUETNI Sabah

By | 2018-12-13T13:02:51+00:00 December 13th, 2018|Categories: MBADMB|0 Comments

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