Non l’intelligence artificielle ne va pas vous prendre votre emploi!

//Non l’intelligence artificielle ne va pas vous prendre votre emploi!

Non l’intelligence artificielle ne va pas vous prendre votre emploi!

L’intelligence artificielle (nomméeIA dans ce présent article)qu’elle soit sous une forme déjà relativement ancienne ou plus récente s’impose au cœur des discussions et des préoccupationsnon seulement des industriels mais aussi des politiciens. Pour certains, l’IA relève encore de la science-fiction et appartient à un monde irréel, pour d’autres-comme les startups- elle est déjà là et l’avenirla verra se généraliser.

Mais comment se présente l’intelligence artificielle? Que représente le marché de l’IA aujourd’hui ?Nos emplois seront-ils remplacés par un robot ?

En premier lieu, il convient de souligner que l’intelligence artificielle n’est pas un produit. Elle se présente comme une technologie intelligente pouvant revêtir des formes très diverses et constitue le cœur de produits dits « intelligents » tels que logiciels, objets connectés, applicationsmobilesou solutionsCloud. On peut donc ranger l’IA au rang des outils, et considérer que tout outil peut aussi lui-même être amélioré.

Entreprises et industriels, et notamment les startups ont déjà intégré l’IA pour développer de nouveaux produits, enrichir la relation client ou remplacer quelques procédés initialement réalisés de façon plus laborieuse. Et c’est à partir de ce moment-là que commencerait la menace pour l’emploi et, par suite, pour l’humain qui en bénéficiait jusque-là. Cette crainte ne date pas d’aujourd’hui, et chaque progrès technologique remet ce sujet à l’ordre du jour. Il est commun de citer en exemple l’invention par Jacquard de son métier à tisser automatisé qui avait révolutionné le procédé du tissage en effectuant les tâches ingrates à la place des ouvriers tisserands. Ces derniers ont vu dans l’arrivée de ce métier une cause de chômage et s’y sont opposés sous la forme de ce que l’on a appelé « la révolte des Canuts » qui s’est produite en France, à Lyon, où l’on tissait traditionnellement la soie.

Il s’agissait d’une phase de ce que l’on a appelé « la révolution industrielle » qui, si elle a contribué à la disparition de certains métiers, a également créé de nouveaux emplois.

Depuis, les évolutions technologiques n’ont cessé de bouleverser le monde et la loi Moore ne fera que confirmer l’évolution fulgurante des machines. Souvenons-nous qu’il n’y a que quinze ans de cela, l’IA était limitée à quelques cercles étroits de spécialistes et de chercheurs. Pour le monde entier, elle n’était que le thème du remplacement de l’homme par la machinequi laissait place aux fantasmes de science-fiction les plus rocambolesques.

La mise sur le marché d’applications basées sur l’IA a pourtant de quoi nous inquiéter dans la mesure où, à l’image des évolutions technologiques précédentes, elle constitue une menace pour une partie des emplois existants. En témoignent les chiffres donnés par le cabinet Garner à propos desinvestissements et de l’intérêt pour l’intelligence artificielle (IA) qui ne cessent d’augmenter. Selon ces prévisions, les dépenses mondiales en technologies IA— qui incluent certains types de conseils et services – pour les quatre prochaines années seront multipliées par six et atteindronsprès de 29 milliards de dollars d’ici 2021.

Une estimation de McKinsey &Company en juin 2017 indiquait que les entreprises du monde entier ont investi entre26 milliards et 39 milliards de dollars en intelligence artificielle en 2016, la contribution de Google, Baidu et d’autres géants de la technologie s’élevant de 20 et 30 milliards de dollars, auxquels se sont ajoutés 6 à 9 milliards de dollars par les Startups.

Ces investissements dans l’IA modifient la cote des entreprises sur les places boursières et ont des conséquences sur les métiers et sur l’emploi. On peut citer notamment les métiers suivants :

  • D’ouvriers de lignes d’assemblages, de caissiers, d’opérateurs de call center, de chatbox
  • de conducteurs professionnels, qui seront remplacés à moyen terme par des véhicules à conduite autonome,
  • d’employés de services, notamment dans les professions libérales administratives et dans la finance qui est de plus en plus automatisée,
  • des métiers « externalisés » de sous-traitants d’entreprises qui pourraient être automatisés par les techniques de Robotic Process Automation,
  • et, à terme, bien d’autres métiers qui seront totalement ou partiellement automatisés, dans différents domaines d’activités tels que la santé, le management, l’audit, la recherche,…comme l’indique le schéma ci-dessous :

Faut-il parler de métiers remplacés ou seulement de tâches effectuées par l’IA ?

Il est clair que de nombreuses tâches seront assurées par l’IA , mais cela n’implique pas de façon systématique la disparition des métiers en entier. C’est le cas pour Da Vinci, un robot médical crée dans les années 2000 par l’entreprise américaine Intuitive Surgical, qui est une machine dirigée par un chirurgien pour réaliser des opérations, principalement au niveau de l’abdomen. Ces robots ne sont pas encore autonomes et restent sous le contrôle du chirurgien, qui est en permanence présent derrière la console informatique. Dans les décennies qui viennent, les compétences du robot vont s’enrichir pour remplacer progressivement la fonction actuelle du chirurgien.

Cela semble vrai avec les avancés de Google. Avec sa nouvelle IA, Google, grâce aux données patients, sera capable d’analyser des centaines de milliers de données, d’estimer la probabilité de décès, et pourrait provoquer une révolution dans le milieu médical. L’IA sera de plus en plus forte quitte à se passer de médecins et suivre l’état de des patients, déterminer les biomarqueurs pouvant indiquer les signes avant-coureurs des pathologies et identifier les facteurs de risque encore inconnus.

L’arrivée de l’IA ne sera pas le seul événement révolutionnaire qui affectera l’humanité dans les prochaines années. Il en existe un autre aussi important c’est l’avènement des nanotechnologies qui désignent un ensemble de techniques, pour l’instant encore à l’état de recherche et d’un début de développement, qui visent à connecter directement l’esprit humain à un ordinateur, voire à remplacer certaines des fonctions de notre cerveau par des puces électroniques. Les nanotechnologies ne sont plus de la science-fiction, elles commencent à sortir des laboratoires précisément après l’annonce de Marc Zuckerberg sur son projet de neurotechnologies, qui voudrait que ses utilisateurs puissent transmettre à leurs «amis» leurs pensées plus vite qu’en pianotant sur un écran de téléphone sans recourir à des implants cérébraux.

Cela annonce-t-il que les pensées seront lues par une machine ?

La réponse affirmative semble évidente pour ElonMusk avec sa nouvelle société Neuralink.  Créée en mars 2017, cette société se consacre à augmenter nos capacités cérébrales grâce à l’implantation, dans nos cerveaux, de minuscules composants électroniques entrelacés avec nos neurones. ElonMusk a déclaré en juin 2016 : « Il est urgent d’hybrider notre cerveau avec des puces électroniques avant que l’IA ne nous transforme en animaux domestiques. Les plus gentils d’entre nous seront nourris par l’IA comme nous nourrissons nos labradors ».

S’il est aisé de comprendre que provoquer un changement radical au plan économique, il faut souligner qu’il s’agit aussi d’un changement radical de civilisation. Dans la perspective oùun ouvrier non qualifiése retrouverait demain avec le quotient intellectuel d’un chercheur, cela changera toute l’organisation de la société.

Le scénario le plus catastrophique est que, des robots pouvant fabriquer d’autres robots, la nouvelle industrie ne créerait aucun nouvel emploi.

Avons-nous des raisons d’avoir peur de l’IA ? Comment s’y préparer ?

Le chercheur en IA, Yann Lecun, dans le cadre d’un rapport présenté au Collège de France, nous rassure sur l’effet immédiat de l’IA dans notre vie

‘’ Malgré tous ces progrès, nous sommes loin de produire des machines aussi intelligentes que l’humain[…] nous avons des systèmes qui peuvent conduire une voiture, jouer aux échecs et au Go, et accomplir d’autres tâches difficiles de manières plus fiable et rapide que la plus part des humains[…] mais ces systèmes sont très spécialisés[…]ce qui manque principalement aux machines, c’est le sens commun, et la capacité à l’intelligence générale qui permet d’acquérir de nouvelles compétences, quel qu’en soit le domaine’’.

Partant de là, nous pouvons dire que notre maitrise de l’IA et son utilisation dépend de l’être humain et de son apprentissage. En effet, si, dans le cadre de notre travail, nous devons nous préparer à utiliser des robots ou à étendre nos domaines d’activités, il y a lieu de ne pas oublier que la formation  à l’IA, indispensable, devra être intégrée à nos qualifications professionnelles. Et pourquoi ne pas préparer nos enfants dès l’école.

Le célèbre Laurent Alexandre (qualifié de gourou de l’intelligence artificielle pour certains), dans son livre ‘’La guerre des intelligences’’,  va encore plus loin et nous prépare à ce scénario : après une phase de transition pendant laquelle l’école va s’adapter, nous allons avoir recours à la neuroaugmentation par voie génétique ou électronique. Ce sera la seule option pour cohabiter avec l’intelligence artificielle.

Pour conclure

Il n’est pas hasardeux d’affirmer que l’IA a déjà changé la chaine de valeur des entreprises. Des métiers sont déjà remplacés par l’IA. Si cette dernière peut parfois créer aussi quelque inquiétude au niveau de l’emploi, elle devrait au contraire rassurer sur l’émergence de nombreux nouveaux métiers qu’elle engendre. Notre véritable défi réside dans la façon dont nous allons adopter cette IA, et dans la manière de se former à son utilisation. Comme pour le digital, le #MBA Marketing digital de l’EFAP Paris, bientôt des écoles proposerons des formations en IA.

GUETNI Sabah

Source :

Les usages de l’intelligence artificielle .Olivier Ezratty.2017

L’Esprit et laMachine. Faut-il avoir peur de l’Intelligence Artificielle ?Serge Boisse.2016.

Dr Laurent Alexandre. La guerre des intelligences. 2017.www.editions-jclattes.fr

 

https://www.gartner.com

Blog : yann.lecun.com

 

By | 2018-10-14T15:22:47+00:00 October 14th, 2018|Categories: MBADMB|0 Comments

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